Un air de renouveau est en train de traverser l’AMP. Le débat actuel dans le Journal des journées en est l’écho constant : la passe est enfin retournée au centre de l’attention, la figure de l’analyste se transforme, en se plaçant, par rapport à l’inconscient, du côté de l’analysant, la clinique se centre sur le thème des semblants et du symptôme.

Ces trois grands thèmes seront les axes portants du congrès de l’AMP qui se tiendra à Paris en avril prochain.  Qui ne sera présent à cet important rendez-vous sera en peine de saisir la portée d’innovation qui donnera le ton à la psychanalyse ces prochaines années. Une société fortement conditionnée par le conformisme scientiste crée, en effet, l’espace pour une position antagoniste où la psychanalyse a, et aura toujours plus, un rôle de premier plan.

Il est absolument nécessaire que la SLP se syntonise avec les grands thèmes du débat international et unisse sa propre voix donnant, ainsi, sa contribution originale.

A cette fin, il faut ouvrir une ample discussion entre tous, membres et non membres, tous ceux qui sont intéressés à participer à l’élan propulsif que peut donner la psychanalyse à notre époque

La nouveauté du congrès de l’AMP est qu’effectivement il sera ouvert également aux contributions des non membres. Et ce sera ainsi pour le congrès de la SLP : tous sont invités à donner des propositions d’intervention.

Il est vrai que l’accélération due aux exigences du moment dépasse parfois les temps, nécessairement plus longs, de programmation de nos rencontres.

Nous devons donc être prêts à sentir les changements afin d’être en résonance avec ce qui est en train de se produire. C’est ce qu’a fait le Conseil en programmant les choses de façon à ce que le prochain Congrès de Turin devienne le test de la nouvelle forme que devra prendre l’Ecole. Celle-ci, en effet, ne devra pas être seulement le point d’arrivée de l’analyste qui a accompli sa formation personnelle, mais plutôt le lieu dynamique où le travail sur l’inconscient des analysants se situe du même côté que ceux qui ont commencé à exercer la psychanalyse, et qui continuent à se laisser interroger sur leur rapport à l’inconscient. Elle devra être le terrain d’entente entre la réflexion et l’élaboration de l’expérience de la psychanalyse. Elle devra se rendre sensible aux mouvements de transfert qui se produisent dans le social afin qu’ils ne soient pas interceptés par les dispositifs répressifs de pouvoir, créateurs de faux consensus, qui stérilisent le désir à travers un déluge d’objets pacotille.

Nous devons faire en sorte que le travail sur l’inconscient devienne la lame qui sépare la société du spectacle, l’océan de fausse science agité par les massmedia, des semblants qui portent au réel.

C’est de la rencontre ENAPOL de nos collègues argentins, qu’est venu l’énoncé, amplifié par Twitter avec un effet de circulation immédiate d’un continent à l’autre, qui incite à dés uniformiser notre énonciation.

Dirigeons-nous donc dans cette direction. Pour être en syntonie avec cette vague de renouveau qui déplace les vieilles idées dans notre communauté, le Conseil a retenu indispensable de modifier le thème du Congrès de Turin, qui est reformulé ainsi : Du côté de l’inconscient.

Si nous ne voulons pas voir le psychanalyste simplement comme un parmi tant d’autres experts dont s’est rempli le monde empreint d’utilitarisme, si nous voulons voir comment se présente le nouveau semblant du psychanalyste qui n’abandonne pas son propre rapport à l’inconscient, nous devons nous interroger du côté de l’inconscient, là où émerge le point d’énonciation de chacun.

Ce communiqué a valeur de lancement du débat dans l’Ecole sur ces thèmes, qui nous portent vers le rendez-vous d’avril à Paris et de juin à Turin, tous les deux à ne pas perdre. Tous sont invités à participer et à animer ce débat. Essayons d’entrer dans le nouvel ordre d’idées et ne nous mettons pas à la fenêtre dans l’attente de voir les interventions des autres. Pour nous tous c’est le moment où nous pouvons dire. tua res agitur, c’est de toi qu’il s’agit, en première personne et pour tous il y a un espace de parole et d’expression, de la manière la plus ouverte et la moins hiérarchisée possible.

Traduction : Brigitte Laffay

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