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Editorial n° 6

Par Éric Laurent

13 avril 2010

Recherches – Sinthôme

Deux bonnes nouvelles pour nous qui souffrons chroniquement de coups de blues ou de dépressions plus ou moins sévères. Les hallucinogènes sont de retour dans la panoplie des traitements possibles. Pour en témoigner, cette semaine à San Jose en Californie a lieu le plus important congrès sur la « science psychédélique » depuis quarante ans. Le retour de la psilocybine est très encadré. Il se fait dans une politique de rupture avec l’esprit 68. Pour éviter les dérapages d’alors, le retour du champignon se fait sous les deux sauvegardes de la science et de la religion. Du côté de la science, nous avons les essais rigoureux en double aveugle, l’absorption sous Petscan et des protocoles standard. Du côté religion, on met en avant que les mystiques traversent des expériences très comparables à celles qui sont obtenues sous hallucinogènes. La méditation, le yoga, permettent eux aussi de quitter son corps et de dépasser l’enfermement dans le moi pour atteindre une conscience « océanique », aurait dit Freud. Science et spiritualité viennent ainsi se rejoindre dans des noces toujours bien vues aux USA. Elles se retrouvent bénies par l’imagerie cérébrale qui nos prouve que le cerveau est câblé pour ces expériences d’union avec le monde. Il doit bien y avoir un avantage évolutif quelque part, bien que le promoteur de cette perspective souligne avec raison que « d’un autre côté, l’amour universel n’est pas toujours adapté ». Quoi qu’il en soit, un psychothérapeute à la retraite, atteint d’un méchant cancer et déprimé par les traitements douloureux auxquels il est astreint y a trouvé un réconfort plus sûr que les habituels antidépresseurs. Il a trouvé une formule frappante pour cette expérience : « D’un coup, tout ce qui était familier a commencé à s’évaporer. Imaginez que vous tombez d’un bateau dans l’océan, vous vous retournez, le bateau a disparu. Et puis l’eau disparaît. Et puis vous disparaissez vous-même. » C’est vraiment le sentiment océanique. Comme la psilocybine est une substance naturelle, il n’est pas sûr que l’on poursuive très loin les essais thérapeutiques. Big Pharma n’est pas très intéressé, seules les universités le sont.

L’autre bonne nouvelle est plus terre à terre. Elle est connue par une dépêche assez confuse de l’AFP. « Des chercheurs ont découvert une molécule qui pourrait avoir un impact sur la genèse des neurones et dont l’absence pourrait provoquer des états anxieux et donc la dépression. La molécule, la MIF (Macrophage migration inhibitory factor) a un « « impact (…) sur l’état anxieux et/ou dépressif du rat que l’on peut percevoir par un changement de comportement », a indiqué l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) dans un communiqué.

Une équipe de chercheurs dirigée par la responsable du Laboratoire de génétique comportementale, Carmen Sandi, a découvert que son absence inhibe la production de gènes et « génère une augmentation des comportements anxieux et dépressifs ».

L’équipe espère développer grâce à la molécule des médicaments contre la dépression, qui touche 121 millions de personnes dans le monde selon l’Organisation mondiale de la Santé.

 »Cette découverte indique que la MIF est potentiellement significative pour le traitement dans le déficit de genèse de neurones, de même que les problèmes liés à l’anxiété, la dépression ou la cognition », a précisé Mme Sandi dans le communiqué. »

L’enthousiasme de Mme Sandi pour annoncer à toute vitesse le passage de résultats obtenus sur la dépression du rat à des médicaments pour 121 millions d’humains est bien dans l’esprit de la nouvelle EPFL, toute imbue d’évaluation de la rentabilité des recherches qui s’y mènent. Un brûlot qui la vise, écrit par le physicien Libero Zuppiroli sous le titre « La bulle universitaire. Faut-il poursuivre le rêve américain ? » a causé un petit scandale dans la confédération. C’est un symptôme de plus à rajouter dans notre clinique de l’affolement du discours universitaire par l’évaluation et l’adoption des « bonnes pratiques » de la good governance. De l’hallucinogène au gène, nous restons hallucinés et déjà Pierrette voit en pensée le médicament – pot au lait qui fondera tout un département sponsorisé par Big Pharma.

De notre côté, c’est avec enthousiasme que nous présentons pour la première fois le programme du premier jour de congrès. C’est aussi un compte-rendu de recherches.

Dans ce premier jour d’Aggiornamento de la Passe, nous commençons d’entrée par le témoignage de quatre AE et trois séries d’interventions qui interrogent de façon nouvelle les semblants de la passe à partir de l’horizon du sinthôme. Effets subjectifs de renouvellement garantis. Demain le deuxième jour.

*  *  *

Correspondance
Par Jesus Santiago
Ainda sob o impacto da sua interpretação do episódio Tiger Woods, me veio a questão concernente aos limites do uso da categoria de ‘sinthoma’. Na leitura do ‘Coisa de finesse’, às vezes fica a impressão – a meu ver equivocada –, de que só podemos conceber o sinthoma como o que se depura como incurável no âmbito do trabalho de decifração sobre o Sinn do sintoma. Quando você se refere a ‘sujeitos surpreendidos na precipatação de seu sinthoma’, abre-se uma via fértil para um uso clínico, mais extensivo, do mesmo. Ou seja, o seu texto evidencia que com a ferramenta do ‘sinthoma’ estaremos de posse de um recurso que favorece o analista lidar com a proliferação atual da Bedeutung do sintoma.
Réponse

Oui, c’est l’usage extensif du sinthôme comme « ma dinguerie » comme le disait LNA. EL

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Programme du Lundi 26 avril


Aggiornamento della Passe (1)
Président : Jacques-Alain Miller

Matin
9h00 – 9h30
Ouverture du congrès
Judith Miller, Eric Laurent, Luis Solano

9h30 – 11h00
Témoignages des AE :
Angelina Harari (EBP)
Sergio Caretto (SLP)

11h00 – 11h30 : Pause café

11h30 – 13h00
Sergio Passos Ribero de Campos (EBP)
Gustavo Stiglitz (EOL)

Après-midi
14h30 – 15h30
La perspective du reste
Elogio de la sombra
Marcela Almanza (NEL)
Précarité de la fin de l’analyse
Clotilde Leguil (ECF)
De entrada, el horizonte del fin
Ricardo Nepomiachi  (EOL)

15h30 – 16h30
La nouvelle alliance
Dar el paso interminablemente
Osvaldo Delgado (EOL)
Sortir du noir
Lieve Billiet (NLS)
Du mouvement comme nécessité
Philippe De Georges  (ECF)

16h30 – 17h30
La passe et l’Ecole Une
S (A barré) et l’Ecole Une
Juan Carlos Indart  (EOL)
De la souplesse pour la passe
Aurélie Pfauwadel  (NV)

18h
Accueil des Membres de l’AMP au Ministère des Affaires Etrangères (19h à 21h)
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Editorial n° 5

Les moyens de la jouissance


Les deux derniers éditoriaux présentaient la substance jouissante abordée d’abord par la vérité puis par le savoir. Dans le Séminaire XVIII, Lacan développe cette distinction à partir de l’opposition faite dans le Ménon entre l’épistemè et la doxa vraie. Hier, lors du Forum, Jacques-Alain Miller faisait valoir comment l’expérience de la passe peut être conçue soit comme expérience de savoir, soit comme expérience de vérité avec des conséquences diverses. Ce n’est pas la même chose de considérer l’expérience comme un réel à saisir sous l’angle du savoir, de la recension, de la sériation, delà gradation des effets ; ou bien comme une expérience qui échappe à toute exhaustion, est essentiellement performance, exploit. C’est le versant où ces dimensions s’opposent. Il est un deuxième versant. Le versant inconscient. C’est celui où il peut y avoir jonction où « le savoir dont il s’agit dans l’inconscient est celui qui glisse, qui se prolonge, qui à tout instant s’avère savoir de la vérité. » Cette formulation de Lacan est de 1971. Cinq ans avant, il disait : « La division du sujet et du symptôme c’est l’incarnation de ce niveau où la vérité reprend ses droits sous la forme de ce réel non su, de ce réel à exhaustion impossible qui est ce réel du sexe ». Dans le sexuel, lorsqu’il y a manque, effet de vérité, vacillation des semblants, il y a aussi objet (a) et sinthôme.

Aujourd’hui, nous rendons public le programme du mercredi 28 avril matin et après-midi, avec les exposés répartis selon les salles, et avec les présidents de séance. Sur le nombre de noms mobilisés, il y aura des glissements. Nous avons essayé de les réduire le plus possible. Signalez-nous les erreurs éventuelles. Nous tenons à ce que les semblants restent bien à leur place sans indiquer de jouissance mauvaise des organisateurs. Nous rappelons à ceux qui ont adressé une contribution et dont le nom ne figure pas le mercredi après-midi qu’il seront publiés dans la « Clef  USB du Congrès ». Les présidents de séance sont aussi les facilitateurs de la discussion. Les salles multiples du mercredi présentent une difficulté particulière, celle des langues. Les inscrits ont été répartis dans les salles selon les langues qu’ils ont déclaré entendre. Nous espérons que la Babel combinatoire qui en est résultée permettra des malentendus féconds.

Demain, nous en saurons plus sur le premier jour du Congrès.

A demain

Eric Laurent, le 12 avril 2010

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L’accueil du Congrès, le lundi 26 avril, est à 8h00

1 .486 inscrits doivent prendre: leur valisette, pour cela 14 guichets seront ouverts et  leur écouteur pour traduction simultanée

du lundi, mardi, jeudi et vendredi

Le lundi nos activités scientifiques commencent à 9h00

La Commission d’organisation

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JOURNAL DU CONGRES N° 4

Editorial n° 4

Le savoir et la jouissance


Les lecteurs de l’éditorial d’hier se réjouiront de savoir que Tiger Woods a très bien joué à Augusta avec deux eagles, trois birdies, mais aussi avec trois bogeys (consultez Google).

« La vérité d’hier n’est peut-être pas la vérité d’aujourd’hui ». C’est une phrase profonde sur la logique de l’inférence qu’a prononcée mercredi le secrétaire général de l’Elysée à propos d’une éventuelle source d’une énigmatique rumeur. Elle rejoint celle que le secrétaire d’Etat Donald Rumsfeld, avait avancée lorsque les armes de destruction massive de Saddam Hussein m’apparaissaient pas. « Il y a des choses que nous savons que nous savons. Il y a des inconnues connues, c’est-à-dire qu’il y a des choses que nous savons que nous ne savons pas. Mais il y a aussi des inconnues inconnues. Il y a des choses que nous ne savons pas que nous ne savons pas. » La structure logique des deux phrases nous fait penser au paradoxe de Wittgenstein selon Kripke. On croit faire une opération aussi simple qu’une addition alors qu’on pourrait faire tout autre chose dont les résultats sont les mêmes que l’addition pendant un certain temps, mais pas tout le temps. Tant que les deux opérations ne divergent pas, il n’y a pas moyen de savoir quelle règle nous suivons. Une vérité à l’instant t peut-être fausse à l’instant t + 1 et l’on ne sait jamais vraiment ce que l’on dit. D’ailleurs, il me faut corriger une assertion faite hier. Notre civilisation reconnaît certes que les identifications de gender de genre sont foncièrement équivoques mais c’est pour durcir les différences d’âges. On cherche là sans équivoque à séparer l’odieux du licite. Dans certaines sociétés traditionnelles, on recommande le mariage de filles à peine nubiles, dans les nôtres on reproche à un Président du Conseil d’avoir des maîtresses qui pourraient avoir moins de dix-huit ans. L’horreur de la séduction des enfants contamine l’adolescence. C’est pourquoi l’Eglise insiste beaucoup sur la différence entre la séduction des enfants et celle des adolescents. Elle entend par là excuser l’inexcusable. Décidément, les équivoques infiltrent partout le langage.

C’est en se basant sur des présupposés inverses que la firme Intel vient d’annoncer, ce même mercredi, qu’elle allait commercialiser des appareils capables de lire les pensées en analysant des scanners cérébraux. Les zones cartographiées actives permettraient de s’orienter dans la nomination effectuée par le sujet. Il s’agit de pensées présentées comme simples, concrètes. L’appareil serait vendu pour permettre à des handicapés de manipuler des machines compensant leur handicap. On ne peut que s’en réjouir. Ces machines autorisent néanmoins le rêve d’une pensée qui serait entièrement inscriptible dans le corps. Sans équivoque sur le savoir et sans la fuite de la vérité, semblants et sinthôme coïncideraient alors sans littoral. C’est précisément ce que l’après-midi du mercredi 28 avril ne permet pas de rêver. En trois parties : l’analyste analysant, le semblant mis à nu par le sinthôme, et le sinthôme mis à nu par l’art. Elle regroupe 34 exposés qui font, un par un, percevoir comment s’aliènent et se séparent la lettre, le signifiant, le sujet et le corps. On y verra comment il est possible d’écrire avec ses pieds, d’entendre les voix du silence, de discerner les équivalences les plus bizarres entre l’argent et les perles du discours, entre les formules du fantasme et son au-delà, entre les bords du semblant et les parties les plus raffinées du corps découpé, comment on entretient un rapport fécond avec les équivoques de l’inconscient au-delà de la passe. On entendra aussi les questions que posent des artistes contemporains notoires aux psychanalystes qui les interrogent.

Dimanche, le Forum. A lundi.

Eric Laurent

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Programme de L’Après midi du mercredi 28 avril

Six salles sans traduction simultanée


1- L’analyste analysant

Adriana Rubistein et Ivan Ruiz
L’Inconscient, la musique et la voix

Adriana Rubistein : Una escansión en el camino del saber hacer
Ivan Ruiz
: La voz de la Escuela


Françoise Bareau et Patricio Alvarez
Ecrire avec les pieds

Françoise Bareau : La voix du silence ou du regard de l’écriture, en passant par la voix
Patricio Alvarez : Con los pies

Emmanuelle Borgnis-Desbordes et Manuel Zlotnik
L’argent et la perle

Emmanuelle Borgnis-Desbordes : Une perle, au joint le plus intime du sentiment de la vie
Manuel Zlotnik : Fragmentos del proprio analisis

Carmelo Licitra et Lilany Pacheco
Le réel et la passe

Carmelo Licitra : A passeggio con l’inconscio dopo la passe

Lilany Pacheco : O tratamento do Real pelo Real sob transferencia

Adèle Bande Alcantud et Martin Egge
Le temps et les limites

Adèle Bande Alcantud A la limite du semblant
Martin Egge : Ti ci sei messo un po’ tardi

Antonella Del Monaco et Nathalie Wulfing
Les mots de l’Inconscient

Antonella Del Monaco A partir dall’ Inconscio
Nathalie Wulfing : I can say a few words

2- Le semblant mis à nu par le sinthome

Réginald Blanchet et Carolina Koretzky
Semblant et pragmatique de la cure

Réginald Blanchet : Maintenir la position du semblant
Carolina Koretzky : De la perte à la privation

Silvia Baudini et Michel Grollier
Réveil dans le contrôle

Silvia Baudini : Dos momentos de control
Michel Grollier : Réveil

Gabriela Dargenton et Giorgia Tiscini
La formule et son après coup

Gabriela Dargenton : Inconsciente y post analitico
Giorgia Tiscini : Une formule (V4 L2)

Massimo Termini et Ondina Machado
La jupe et le bord

Massimo Termini : La funzione di un bordo
Ondina Machedo : A saia justa do praticante

Paz Corona et Celeste Viñal
Glisser sans perdre la tête

Paz CoronaGlissement de texte
Celeste Vinal : Perder la cabeza


Catherine Bonningue et Luciola Macedo de Freitas
Reconfigurer le semblant

Catherine Bonningue
Hystérie, enforme et sinthome
Luciola Macedo de Freitas : Eixo : procedimento do passe e sua possível reconfiguração

3- Le sinthome mis à nu par l’art



Daniela Fernandez et Fabio Galimberti
Le devoir n’est pas l’idéal

Daniela Fernandez : Devoir d’art
Fabio Galimberti : La scrittura dell’Ideale


Fabienne Hulak et Giovanni Lo Castro
Le transsexualisme comme anamorphose

Fabienne Hulak : L’homme aux anamorphoses
Giovanni Lo Castro : Il transessuale : tra sembiante y sinthomo


Thierry Vigneron et Débora Rabinovich
Gracian et Boltanski

Thierry Vigneron : Une exposition bavarde
Débora Rabinovich : De mujeres y semblantes en Baltasar Gracian


Vlasis Skolidis et Chiara Mangiarotti
Deux lettres

Vlasis Skolidis
Etre abonné à l’objet
Chiara Mangiarotti : Lettera a Unica Zurn

Alfredo Zenoni et Mandy Toro
De quoi l’art contemporain est-il le porte manteau ?

Alfredo Zenoni
Semblante, ética y sinthome en el arte contemporaneo
Toro Mandy : De l’autre comme porte-manteau

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JOURNAL DU CONGRES N° 3

Editorial n° 3

Vérité et jouissance

Par Éric Laurent


Aujourd’hui va commencer le tournoi de golf d’Augusta, le premier de la série des grands tournois. Il va marquer le retour de Tiger Woods sur les greens après le spectaculaire scandale sexuel qui s’est dévoilé à la suite d’un accident de voiture à la fin novembre 2009. Rapidement, cet accident se révélait le produit d’un mélange détonnant d’une scène de ménage explosive et du somnifère Ambien© commercialisé en France sous le nom de Stilnox©. Le nom générique est Zolpidem©. On lui connaît des effets secondaires comme le somnambulisme ou des comportements automatiques étranges ou inappropriés. Une douzaine de maîtresses du meilleur golfeur de l’histoire allaient bientôt se manifester en plus de celle que sa femme avait appelé de son portable cette nuit-là. L’une d’entre elles allait d’ailleurs révéler l’usage aphrodisiaque que faisait Woods de l’Ambien©, usage inventif, non répertorié sur la notice d’accompagnement du Stilnox©. La particularité de ce scandale sexuel qui a frappé les commentateurs est double. D’une part l’abondance des maîtresses, leur étonnante vulgarité, spécialement celle des porn-stars faisant savoir le plus de choses possibles des détails de la liaison. D’autre part la crudité des textes à contenu sexuel que la star du golf adressait à ses multiples conquêtes. Ces SMS ont vite reçu le nom de « sextos ».

L’ensemble contrastait violemment avec l’allure de gendre idéal qu’avait imposé Woods dont les contrats publicitaires avaient atteint les sommes les plus hautes jamais enregistrées dans l’histoire de tous les sports.

Jusqu’à la mort de son père, en 2006, Tiger menait une vie exemplaire dévouée au perfectionnement de son jeu. Il apparaissait timide avec les dames. Ce perfectionniste a été capable, bien qu’ayant 10/10 aux deux yeux, de se faire opérer pour améliorer encore sa vision. Tout était à l’avenant. Il avait réussi à devenir le joueur sur lequel reposait le succès des audiences télévisées lors de la retransmission des tournois de golf qui n’ont pourtant pas le rythme trépidant du foot, du basket, ou même du tennis.

Comment allait-il sauver les semblants ? L’enjeu était de taille pour le sport, le montant des redevances télévisées et les annonceurs. La première chose qu’il a entreprise est une thérapie pour « addiction sexuelle ». C’est maintenant la règle pour les acteurs ou sportifs qui sont découverts comme serial-philanderers.

Cette conception de l’addiction sexuelle contribue à ruiner  la vieille conception de la « perversion » avec l’admission des droits des gays dans l’armée, les mariages de même sexe, la sortie du transsexualisme du cadre des affections etc. Tout de la sexualité est style de vie, nouvelles et anciennes normes mélangées. Il faut cependant se garder de l’excès. C’est sans doute l’enseignement que ses thérapeutes ont distillé au Tigre. Il s’excuse énormément actuellement du mal qu’il a fait à sa famille dans son égarement et apparaît penaud. Sa femme, modèle suédois qui fréquentait surtout les circuits du tennis, toujours amie avec Roger Federer, accompagne les transformations de son mari en restant d’un silence absolu, en le laissant s’exprimer toujours seul. C’est une position originale. Ni avec lui, ni sans lui, elle se fait toujours voir en public avec les enfants, mère exemplaire.

C’est ainsi que vivent ceux qui sont « sous le regard du monde » lorsque les particularités de leur sinthôme passent dans le champ du visible. Juste avant le tournoi d’Augusta, Nike a diffusé une publicité, la première depuis le scandale. La grande marque a pour l’occasion abandonné son slogan habituel « Just do it » qui serait sans doute apparu inopportun. Elle a réalisé un sobre spot de trente secondes où apparaît Tiger, immobile, avec en voix off, la voix de feu son père, Earl Woods, qui lui demande hors contexte et pour cause quels ont été ses pensées, se sentiments. Le spot se conclut par « Did you learn anything ? », « As-tu appris quelque chose ? ».

La vérité et la jouissance ne sont pas toujours capitonnées par le Nom-du-Père, c’est un des enseignements que nous pouvons tirer de la matière clinique du mercredi 28 avril. Comme vous le verrez, elle comporte une séquence où deux sujets se retrouvent « sous le regard du monde » très différemment de la star.

Elle comporte aussi des enseignements sur les conséquences pour un sujet d’avoir comme « scène primitive » l’originalité de surprendre ses parents échangistes ou comment un sujet a pu construire la particularité d’un travestisme ou encore d’une détermination transsexuelle. On rencontrera aussi, lors de cette matinée, des sujets névrosés, hystérique ou obsessionnels, qui ne cessent pas pour autant d’être surprenants dans la précipitation de leur sinthôme. Les analystes rendent compte aussi de façon non convenue de leurs positions et de leurs interventions.

Lisez, dans le détail du programme de la matinée du mercredi 28 avril, le jour « del sintoma desnudado ». Vous y apprendrez avec nous comment la vérité est « sœur de jouissance », comme le dit Lacan dans le Séminaire XVII.


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Programme de la matinée du mercredi 28 avril

Six salles sans traduction simultanée

Marco
Focchi et Marcela Ruda
Les semblants du corps dérangés par le sinthôme

Focchi, Marco. « Tutto ma questo no ! »
Ruda, Marcela. El entierro del clown.


Marco Mauas et Sonia Chiriaco
L’hystérie et le sentiment du vivant

Mauas, Marco. La histeria no es teatro.
Chiriaco, Sonia. Le bruit des talons.


Ram.
Mandil et Claude Quenardel
Le traumatisme de la scène primitive et les semblants de la jouissance

Mandil, Ram. Corpo : semblantes e sinthoma.
Quenardel, Claude. « Faire homme ».

Nicolas Jude et ElisaAlvarenga
Les semblants de la sexuation et l’au-delà du semblant phallique : travesti  et transexualisme

Jude, Nicolas. « Je suis borderline ».
Alvarenga, Elisa. A falo como semblante para um homem.


Eduardo Abello et Anne Béraud
La particularité de la jouissance féminine – L’hystérie du tout

Abello, Eduardo. El padre y lo ridiculo.
Béraud, Anne. Jouissance feminine et sinthome.


Santiago Castellanos de Marcos et Nathalie Georges
Le découpage des semblants du coprs par le texte et l’organe

Castellanos de Marcos, Santiago. El ilusionista.
Georges, Nathalie. Le procès verbal.

Pierre Naveau et  Irene Kuperwajs
L’hystérie et les bords du vide

Naveau, Pierre. L’Européenne et son pari.
Kuperwajs, Irene. La « intacta ».

Ernesto Sinatra et Nathalie Charraud
L’usage des Noms du Père et le traitement de la forclusion

Sinatra, Ernesto. Un analisis cientifico.
Charraud,  Nathalie. Du rond de ficelle au trèfle.

Fabian Fajnwaks et Paola Francesconi
La réduction signifiante maximale et le minimum vital

Fajnwaks, Fabian La restauratrice.
Francesconi, Paola. L’insulto come Partner.

Damiasa Amadeo de Freda et Maria Cecilia Galletti Ferretti
Le traitement du sinthome par le semblant de l’inconsistance

Freda de, Damasia Amadeo. Del maltrato al amor.
Ferretti, Maria Cecilia Galletti. Tudo é protocolo.

Sophie Gayard et Liliana Rossi
Les semblants de la lettre comme bords de la jouissance

Gayard, Sophie. Fermer les yeux.
Rossi, Liliana. Del fracaso del semblante al sinthoma.


Catherine  Meut et Irene Leonor Accarini
La création et les bords du réel

Meut, Catherine. Un travail sur le désastre.
Accarini, Irene Leonor. La palabra entre semblante y sinthome.

Adriana Luka et Christina Drummond
Le semblant du corps et le réel de la voix dans la névrose et la psychose

Luka, Adriana. « Yo no pertenezco a ese club ».
Drummond, Christina. Crer no corpo.

Simone Souto et Anne Ganivet-Poumellec
Traitements par des semblants particuliers  de l’érotomane et du harcèlement au travail

Souto, Simone. Um jeito para o sinthoma.
Ganivet-Poumellec Anne.  Un compte à rebours.

Marina Recalde et Amanda Goya
Le délire sur le père comme traitement de la forclusion

Recalde, Marina. Un-padre, un uso possible del semblante.
Goya, Amanda. Cuando un semblante se queda corto.

Luc Vander Vennet et Hélène Bonnaud
Le renversement du fantasme et le bord de la jouissance

Vander Vennet, Luc. Homosexualité féminine entre parenthèse
Bonnaud, Hélène. Conception, semblant et sinthome.


Hélène Deltombe et Victoria Horne
Ce qui ne cède pas dans la névrose

Deltombe, Hélène. Du symptôme au sinthome.
Horne Reinoso, Victoria. Garder la main.

Juan Fernando Perez et Dalila Arpin
Sous le regard du monde

Perez, Juan Fernando. Un sintoma, mis semblantes y mi encuentro con el psicoanalisis
Arpin, Dalila. Faire de l’autre le point de mire.

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JOURNAL DU CONGRES N° 2
Editorial
Editorial n° 2

Le hors sens de la langue et le chiffre du sinthôme




Nancy Huston, canadienne de Paris, qui écrit aussi bien en français qu’en anglais, se remémorait le dit de Barthes selon lequel « la masse bruissante d’une langue inconnue constitue une protection délicieuse » et le confirmait. « Quel repos que de sillonner une ville en ne comprenant rien aux panneaux publicitaires, bavardages et bagarres dans la rue, réclames, graffitis, publicités ». Tout cela reste à imaginer pour la romancière. C’est là, sans doute, son repos. Lacan, dans la même situation à Tokyo, perçoit un effet d’écriture et combien: « le sensible [y] reçoit de cette écriture qui de l’on-yomi au kun-yomi répercute le signifiant au point qu’il s’en déchire de tant de réfractions, à quoi le journal, le panonceau au carrefour satisfont et appuient. »

Le Japonais a la chance de « parler chinois dans sa langue » dit Lacan. La Chine nous éclairera-t-elle aussi sur les semblants et le sinthôme ? Elle est déjà le symptôme de l’économie mondiale, 12 % de développement au premier trimestre de cette année contre 1 % en Europe. Mais une dépêche d’agence nous fait mieux percevoir encore le goût chinois pour les chiffres. Le Daily Dahe nous apprend qu’un fonctionnaire chinois de la ville d’Anqing trafiquait allègrement de son influence, de façon éhontée, pour soutenir un train de vie – ou de mort – d’enfer. En plus de sa légitime et de deux maîtresses, il s’était donné pour objectif d’avoir  des relations avec 56 femmes par an. Il tenait un journal multi-media particulièrement détaillé sur son sinthôme, agrémenté de photos et vidéos. Il en était à peu près à 500 femmes ainsi cataloguées et s’était donné l’objectif d’atteindre le chiffre de 800. On comprend bien pourquoi 800 puisque, pour les chinois, les chiffres ont encore une signification, et huit est le chiffre de la perfection, le neuf étant réservé à l’Empereur. Mais pourquoi 56 ? Il y a sans doute là une trace des particularités de son sinthôme. Il faudrait qu’il nous le dise. Quoi qu’il en soit, c’est sa femme qui a mis le holà à son entreprise en le dénonçant aux autorités. Le Président chinois Hu Jin Tao, lors d’une réunion du grand parti communiste a vigoureusement appelé ses cadres à être « vigilants face à la tentation du pouvoir, de l’argent et de la beauté ». Grâce aux difficiles exercices de traduction inter culturelles un dirigeant  peut exhorter  à se garder de « la tentation de la beauté », c’est émouvant. Il aurait dû ajouter à cette liste de tentations celle des objectifs chiffrés et la fétichisation qu’ils impliquent. Elle mène à un exercice proprement pervers du pouvoir. Il engendre une perdition, un aveuglement qui lui est propre. Et pas seulement pour ce fonctionnaire chinois, stakhanoviste de la fonction Phi, si l’on me permet cette référence productiviste. Mais il s’agit d’une production de vide. Aujourd’hui, le Journal du Congrès rend public les 34 textes que nous avons retenus pour être prononcés lors de l’après-midi du mercredi 28 avril. Nous avions reçu 163 propositions comme réponse à l’appel à de nouvelles contributions qui a suivi l’ouverture du Congrès aux non-membres. Pourquoi 34 et non 36 comme le matin ? Il n’y a là nulle trace de numérologie. Nous disposons de six salles durant trois heures et notre module nous permet d’accueillir deux personnes par heure. Seulement, il nous faut libérer le grand amphi une heure plus tôt afin d’y installer le piano sur lequel Nicolas Stavy jouera à la fin de cette journée. Calculez, vous verrez que nous ne pourrons écouter que 34 interventions. Les autres propositions d’intervention seront publiées sous une forme originale, sur une clé USB remise à chacun des inscrits au Congrès. Ainsi, l’ensemble des propositions adressées sera accessible.

Il reste à savoir comment les 34 interventions sont classées, réparties dans des séquences homogènes, comment les paires ont été faites, etc… Vous le saurez bientôt.

A demain,

Eric Laurent, 7 avril 2010


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Les 34 travaux sélectionnés
Pour l’après midi du 28 avril 2010


1- Alvarez, Patricio : Con los pies

2- Borgnis-Desbordes, Emmanuelle: Une perle, au joint le plus intime du sentiment de la vie

3- Bande Alcantud, Adèle: A la limite du semblant

4- Bareau, Françoise : La voix du silence ou du regard de l’écriture, en passant par la voix

5- Baudini, Silvia : Dos momentos de control

6- Blanchet, Réginald : Maintenir la position du semblant

7- Bonningue, Catherine : Hystérie, enforme et sinthome

8- Corona, Paz: Glissement de texte

9- Dargenton, Gabriela : Inconsciente y post analitico

10- Del Monaco, Antonella: A partir dall’ Inconscio

11- Egge, Martin : Ti ci sei messo un po’ tardi

12- Fernandez, Daniela : Devoir d’art

13- Galimberti, Fabio : La scrittura dell’Ideale

14- Grollier, Michel : Réveil

15- Hulak, Fabienne : L’homme aux anamorphoses

16- Koretzky, Carolina : De la perte à la privation

17- Licitra Carmelo : A passagio con l’inconscio dopo la passe

18- Lo Castro, Giovanni : Il transessuale : tra sembiante y sinthomo

19- Macedo de Freitas, Luciola: Eixo : procedimento do passe e sua possível reconfiguração

20- Machado, Ondina : A saia justa do praticante

21- Mangiarotti,  Chiara : Lettera a Unica Zurn

22- Pacheco, Lilany : O tratamento do Real pelo Real sob transferencia

23- Rabinovich,  Débora : De mujeres y semblantes en Baltasar Gracian

24- Ruiz, Ivan : La voz de la Escuela

25- Rubistein, Adriana: Una escansión en el camino del saber hacer

26- Skolidis, Vlasis : Etre abonné à l’objet

27- Termini, Massimo : La funzione di un bordo

28- Tiscini, Giorgia : Une formule (V2 L2)

29- Toro,  Mandy : Semblante, ética y sinthome en el arte contemporaneo

30- Vigneron, Thierry : Une exposition bavarde

31- Viñal, Celeste : Perder la cabeza

32- Wulfing, Nathalie : I can say a few words

33- Zenoni Alfredo : De l’autre comme porte-manteau

34 – Zlotnik, Manuel : Fragmentos del proprio análisis

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JOURNAL DU CONGRES N°1
Editorial

Just strip, don’t tease




Voilà ! La Pâque est passée, on peut y aller. Cette année, c’était la fête aux semblants. Tout tombait en place en même temps. C’est rare ! Les Pâques juive, orthodoxe, catholique se sont déroulées dans la même semaine, ou presque. On aurait pu croire au dialogue œcuménique. En tous cas, il y avait des vacances œcuméniques par ci, par là, dans le vaste ensemble AMP.

C’était aussi la fête au symptôme œcuménique. On a entendu un franciscain évoquer la Shoah dans une étrange tentative d’identification. Il s’est trouvé démenti immédiatement par un porte-parole officiel du Vatican. Ce n’était pas la bonne comparaison pour les souffrances actuelles de l’Eglise.

On apprenait dans le même temps que la hot-line mise en place en Allemagne pour recueillir des plaintes pour abus sexuels de la part de prêtres implosait le premier jour, avec plus de 4.000 appelants. Comment préserver les semblants sous l’assaut du sinthôme ? Faut-il défroquer ou non les fauteurs. Jusqu’où s’étend la dignité de la fonction ? Voilà des questions surprenantes qui assaillent les plus hauts responsables des semblants qui nous gouvernent.

Du côté du marché, la situation n’est pas meilleure. Scandales financiers et énormité des bonus font vaciller les semblants de la régulation. En politique, la bataille à la jugulaire qui se prépare pour les élections anglaises donne lieu à d’étranges scandales. Et cela sans parler des bizarres complots portant sur le dévoilement de la vie privée du Président et de la première dame.

Dans les discours établis, le binaire semblants-sinthôme est clairement antinomique par les temps qui courent. La solution que crie la rumeur est partout la même : mehr glasnost, plus de transparence. Des scanners corporels pour tout le monde, le Pape y compris. Le plus de jouir démocratique se fait insistant. Gérard Wajcman le dit bien. C’est l’instant de l’œil absolu. C’est lui qui nous rend fou. Nous qui sommes dupes du discours analytique, sommes des dissidents de l’œil absolu. Nous faisons du judo avec la tyrannie de la transparence. Nous savons qu’en son fonds, le sinthôme ne peut venir pleinement au jour. Il faut lui laisser sa part d’ombre.

Pas de meilleur moment donc pour notre Congrès sur les semblants et le sinthôme. Mais quel en est le programme ? C’est maintenant l’instant de voir. Nous commençons aujourd’hui à dévoiler ce qui nous attend. Ca ne cessera pas jusqu’à la veille du dit Congrès.

Aujourd’hui, nous vous donnons le programme du matin du troisième jour. La liste de ceux qui vont présenter un cas clinique le mercredi matin en ne ménageant pas leur implication dans l’affaire. La suite, demain.

A demain. Eric Laurent,  6 avril 2010

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Les 36 travaux sélectionnés pour
la matinée clinique du 28 avril 2010

1- Abello, Eduardo. El padre y lo ridiculo.

2- Accarini, Irene Leonor. La palabra entre semblante y sinthome.

3- Alvarenga, Elisa. A falo como semblante para um homem.

4- Arpin, Dalila. Faire de l’autre le point de mire.

5- Béraud, Anne. Jouissance féminine et sinthome.

6- Bonnaud, Hélène. Conception, semblant et sinthome.

7- Castellanos de Marcos, Santiago. El ilusionista.

8- Charraud, Nathalie. Du rond de ficelle au trèfle.

9- Chiriaco, Sonia. Le bruit des talons.

10- Deltombe, Hélène. Du symptôme au sinthome.

11- Drummond, Chistina. Crer non corpo.

12- Fajnwaks, Fabian. La restauratrice

13- Ferretti, Maria Cecilia Galletti. Tudo é protocolo.

14- Focchi, Marco. « Tutto ma questo no ! »

15- Francesconi, Paola. L’insulto como Partner.

16- Freda de, Damasia Amadeo. Del maltrato al amor.

17Ganivet-Poumellec Anne. Un compte à rebours.

18- Gayard, Sophie. Fermer les yeux.

19Georges, Nathalie. Le procès verbal.

20- Goya, Amanda. Cuando un semblante se queda corto.

21- Horne Reinoso, Victoria. Garder la main.

22- Jude, Nicolas. « Je suis borderline ».

23- Kuperwajs, Irene. La « intacta ».

24- Luka, Adriana. « Yo no pertenezco a ese club ».

25- Mandil, Ram. Corpo : semblantes e sinthoma.

26- Mauas, Marco. La histeria no es teatro.

27- Meut, Catherine. Un travail sur le désastre.

28Naveau, Pierre. L’Européenne et son pari.

29- Perez, Juan Fernando. Un síntoma, mis semblantes y mi encuentro con el psicoanálisis

30- Quenardel, Claude. « Faire homme ».

31- Recalde, Marina. Un-padre, un uso possible del semblante.

32- Rossi, Liliana. Del fracaso del semblante al sinthoma.

33- Ruda, Marcela. El entierro del clown.

34- Sinatra, Ernesto. Un analisis cientifico.

35- Souto, Simone. Um jeito para o sinthoma.

36- Vander Vennet, Luc. Une homosexualité féminine entre parenthèses.
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