Papers, bulletin apériodique du Comité d’action de l’Ecole Une, prolonge et approfondit le travail de recherche amorcé par le volume Scilicet. Il publie des textes qui questionnent le binaire « Semblants et sinthome », choisi par Jacques-Alain Miller afin de nous mettre à l’heure du tout dernier enseignement de Lacan, centré sur le non rapport sexuel.

Dans sa présentation du thème, J.-A. Miller proposait qu’on puisse « articuler une dialectique du sens et de la jouissance dans l’expérience analytique », et « mettre en évidence dans nos travaux le bord de semblant qui situe le noyau de jouissance ». « Non pas gommer le semblant, précisait-il, mais le récupérer ».

Deux textes proposés à la lecture dans les dernières éditions de « Papers » abordent directement mais différemment ce « bord de semblant » qui touche au noyau de jouissance.

Kuky Mildiner, de l’EOL, a choisi de « prendre le semblant à partir de la nomination, c’est-à-dire à partir du nom et de l’acte de nomination que cela implique ». Elle souligne deux valeurs différentes du S1, à partir du discours de l’inconscient où le signifiant maître, en place de semblant, « s’affirme comme la gloire d’une marque qui se répète et conduit au sens ». « Recracher le nom » ne suppose-t-il pas, en fin de parcours, le surgissement dans le discours du psychanalyste d’un nouveau style de S1? Signifiant nouveau, lettre qui relève d’une invention, « un nom produit, devenant ex-sistant, peut être pris comme bord de semblant ».

Pierre Malengreau, de l’ECF,  invite à penser le semblant « non plus à partir du manque et de la castration, mais à partir du non rapport sexuel ». Prendre le semblant non plus par rapport à ce qui le distingue du réel mais par le bout de son point d’accrochage, afin de « penser un bord entre semblant et jouissance qui ne soit pas du côté du véridique ». Il se réfère précisément à une intervention de Lacan datant du 22 mai 1971, qui permet d’entrevoir un usage du semblant « dissocié du sens, un usage qui s’appuie sur la séparation de S1 et de S2 », ce bord de semblant apparaissant alors comme « un point d’accrochage à la jouissance qui ne dépend pas de l’Autre ».

Hors-sens, littorale et littérale, une jouissance impossible à négativer.

Marie-Hélène Blancard

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