A la suite du questionnement ouvert sur la place de médiation de la FEEP, je crois qu’il est pertinent de rappeler les faits suivants (voir aussi : Annuaire de l’ELP 2008, p. 115-117) :

1. La création de la FEEP a été le résultat de transmutations profondes qui ont eu lieu dans l’EEP, suite à la fondation des trois écoles qui ont surgi dans son sein : l’ELP (2000), la SLP (2002) et la NLS (2003). Ces transformations ont fait qu’on a posé dans le Conseil de l’AMP la question du maintien de l’Ecole Européenne. La réponse du Conseil de l’AMP a été que l’EEP n’était pas obsolète et qu’elle continuait à être nécessaire pour que ces écoles qui étaient nées puissent être des instruments du développement du champ freudien dans les différents pays européens. Ces nouvelles écoles pouvaient s’appuyer sur la FEEP pour réaliser certains aspects de leurs politiques et, de cette manière, elle agirait comme instance régulatrice, pour des questions ponctuelles, ou d’autre type de questions, si décisives pour l’avenir de la psychanalyse, comme c’est le cas de la passe. Un exemple de l’importance de la fonction de médiation de la FEEP est la constitution de la FCPOL en 2004.

2. Le caractère originel de l’EEP gisait dans le fait qu’elle a été conçue comme une école qui décomplétait l’ensemble européen. L’EEP n’était pas une structure qui organisait hiérarchiquement les écoles en Europe, au contraire, elle opérait une vectorisation et incarnait, pour chacune, la dimension européenne. Cette dimension est assurée par la FEEP, nœud qui soutient les quatre écoles européennes.  Avec la création de la FEEP on a fait un pas très important : la décision du conseil de l’ECF d’entrer dans la FEEP.

3. Pendant des mois les Conseils des écoles européennes ont traité cette question et ont informé leurs Ecoles sur le projet de transformation de l’EEP dans une Fédération Européenne des Ecoles de Psychanalyse (FEEP). L’Assemblée de l’ELP, en 2007, a eu l’occasion de débattre et de se mettre d’accord sur le projet de transformation de l’EEP en Fédération. On a vu alors l’importance de cette transformation, de cette réorganisation de l’EEP pour créer une base institutionnelle mieux coordonnée, de dimension européenne, pour lutter contre l’idéologie de l’évaluation et ses initiatives législatives. Dès sa création, la FEEP a facilité la coordination des Ecoles. Le Conseil de la FEEP réunit les présidents des quatre écoles et le président de l’AMP.

4. La FEEP a adopté au moment de sa création, sans modifications, le règlement sur la passe de l’EEP. Le président de la FEEP continue à avoir comme fonction d’assurer le Secrétariat de la Passe de l’ELP, en collaboration avec le secrétariat de cette Ecole. D’autre part, la FEEP prend en charge  la nomination de cartels ad hoc pour le cas des demandes des membres d’autres Ecoles. Parmi les Ecoles de la FEEP, l’ELP est la seule à disposer de son propre cartel de la passe, qui fonctionne en accord avec le secrétariat de la passe de l’AMP.

Alors, qui a pris en charge le dispositif de la passe ? Un secrétariat et les cartels ont assuré le bon fonctionnement de la passe dans l’ELP.

A)                           Le secrétariat. Depuis 2001 et jusqu’à 2010 : M. Bassols, M-H. Brousse, P.-G.Gueguen et V. Palomera, présidents de l’EEP et de la FEEP (depuis 2007), ont assuré le fonctionnement du secrétariat de la passe avec : Lucy D’Angelo, Estela Paskvan, Shula Eldar et Xavier Esqué.

B)                           Les cartels. Dès qu’en décembre 2002 s’est promulgué un nouveau règlement de la Passe pour l’EEP, la composition des cartels de la passe a été :

2003-2005: Enric Berenguer, Elvira Guilañá, Vicente Palomera, Estela Paskvan + Pierre-Gilles Gueguen (Plus-Un).

2005-2007: Amanda Goya, Monica Marín, Vicente Palomera, Xavier Esqué, Lucía D’Angelo (Plus-Un).

2007-2009: Lucía D’Angelo, Hebe Tizio, Marta Serra, Manuel Fernández Blanco, Hilario Cid (Plus-Un).

2009-2011: HIlario Cid, Patricia Tassara, Carmen Cuñat, Antoni Vicens, Estela Paskvan (Plus-Un).

5. Je vois dans le débat ouvert sur l’Ecole Une et dans les opinions publiées dans le J.J. se profiler des formules du type « le dispositif est près des membres quand ils sont convoqués à dire et à décider quelque chose à propos de son fonctionnement »… qui ne serait pas arrivé dans l’ELP, son fonctionnement étant resté dans les mains d’une FEEP dont la médiation, d’ailleurs, a pu devenir « superflue et obsolète ». On demande aussi un contrôle qui « ne soit plus aussi dépendant des vicissitudes de l’Autre ». Dans un autre contexte, on suggère moins de « suivisme acritique ». Par rapport à ça, je remarque un tabou de contact face à « la proximité de nos collègues Français », proximité qui « a fonctionné comme un Autre (il s’agit bien évidemment de notre construction à nous) exigeant, idéalisé et parfois impératif ».

Pour conclure, dans un versant un peu plus règlementiste (ici je ne trouve pas d’autre manière de le nommer) on dit que le dispositif de la passe dans la FEEP « est resté sans interlocuteur », puisqu’il n’y a pas eu une « assemblée de membres pour discuter, approuver et contrôler le dispositif de la Passe ». Ce sont des questions qui se trouvent maintenant sur le tapis et qu’on pourra continuer à discuter. Pour ma part, dans un prochain texte, je traiterai le sujet, d’après moi central, de la FEEP et l’Ecole Une.

Traduction :  d’Ariel Altman

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